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L’innovation est-elle possible sans friction ???

Innovation = Friction ?

L’innovation est-elle source de conflits ?

L’innovation doit-elle forcément être disruptive ?

Et, si elle ne l’est pas, est-ce réellement de l’innovation ou est-ce simplement de l’optimisation ?

Je pense que, si une idée ou un concept est accepté, applaudit, que tout le monde le trouve génial et qu’il faut le faire, c’est peut-être qu’il n’est pas assez disruptif.

Ou est-ce une question d’ambition comme le pense Oussama Ammar ?

En fait, un peu des deux…

La véritable innovation est disruptive et ambitieuse. Elle doit être radicale.

J’ai toujours été ambitieux dans les projets que je menais. Je suis plutôt un builder qu’un manager, je suis un entrepreneur. Depuis le début de ma carrière, les projet qui me tiennent le plus à coeur sont ceux qui remettent en cause le status quo, ceux qui visent à changer radicalement ce qui se faisait jusque là. Qu’il s’agisse d’un stratégie marketing ou d’un nouveau produit ou service, j’ai toujours voulu innover (sans forcément en avoir conscience).

Il y a un point commun à tous ces projets que je défini comme innovants : ils ont à les fois des supporters indéfectibles et des ennemis. Ceux qui y croient dur comme fer et ceux qui s’opposent, parfois violemment.

Les projets d’amélioration de l’existant n’ont pas d’ennemis.

Il y a toujours un consensus pour améliorer ce qu’on fait déjà. C’est confortable et gratifiant à la fois. On ne sort pas vraiment de sa zone de confort et, en même temps, on peut se targuer de faire avancer les choses. C’est bon pour son ego et pour sa carrière.

Le problème, c’est qu’on ne prend pas de risque en optimisant l’existant. J’aime la citation du Major de l’armée des Etats-Unis Gen. Frederick Blesse qui a dit :

« No guts, no glory! »

Ce n’est pas que je pense que l’innovation, c’est la guerre mais il faut quand même savoir se battre pour ses idées. Aimer prendre des risques. Accepter de se tromper. D’avoir tort… ou raison. Se remettre en question ou se défendre.

En fait, se lancer dans un projet vraiment innovant, vraiment disruptif, c’est un peu comme faire un saut en chute libre. Tant que cela ne reste qu’une idée, pas de problème, tout le monde est content, tout le monde sourit, tout le monde est positif, comme quand on monte dans l’avion avec ses potes. Tout le monde rigole, on va se marrer. Ce n’est pas encore « vrai ».

Puis, l’avion décolle. Il y en a qui commencent à moins rigoler voire à stresser. Certains commencent à se taire.

Ensuite vient le moment de sauter et là, il y en a qui s’arrêtent, qui se rétractent, qui s’opposent totalement. « On va mourrir ! » pensent-ils.

Quand on est comme moi, on hésite, un peu, beaucoup, on se lance et puis c’est là qu’on prend son pied, qu’on libère ses émotions.

Pour paraphraser la réplique d’un film, ce qui compte, ce n’est pas l’atterrissage (parce qu’il y a effectivement un risque de se planter), c’est la chute. C’est là qu’est le fun.

Idriss Aberkane a dit :

« Est innovation ce qui fait d’abord peur, devient dangereux et puis la norme. »

Regardez Airbnb, Uber (oui, je sais, encore). Ok, je prends un autre exemple.

Fin des années 90 ou début des années 2000, j’ai demandé à mon père de prendre une connexion internet à la maison. Vous savez, c’était l’époque de l’ADSL et du fameux modem 56K en forme de 🐸 ou de « Raie Manta ».

Le modem Alcatel Speed Touch USB (Source: https://commons.wikimedia.org)

Vous l’avez eu aussi ?

Bref, pour mon père, internet, c’était le mal. Il avait peur, il trouvait ça dangereux. Il pensait aux sites pornographiques principalement. Mais à force de négocier, de lui expliquer que, pour mes études ça allait être utile et que c’est vers là que le monde allait, il a accepté.

Et on a eu cette chose verte à la maison.

Aujourd’hui, il passe plus de temps que moi sur Facebook. (Je t’aime hein Papa !)

Alors, pourquoi a-t-on peur d’innover, de ce qui est radicalement nouveau ? Et pourquoi on ne devrait pas ?

Je pense que la plupart des gens déteste le changement parce qu’ils détestent les conflits.

Que ceux qui ont déjà entreprit, en couple, un projet de construction ou de profonde rénovation d’une maison lèvent la main. 🖐

C’est assez conflictuel comme situation. C’est un grand changement, tout est nouveau. Souvent, on fait ça pour la première fois. Il faut se mettre d’accord, faire des choix qu’on a jamais fait. Il y a de l’incertitude, des dépassements de budget. Il y a énormément de couples qui ne survivent pas à cette épreuve. Tout le monde le sait.

Il y a donc des risques.

Beaucoup de risques.

Mais tout le monde le fait quand même…

Pourquoi ?

Parce que tout le monde croit fermement que la situation dans laquelle on se trouvera après sera meilleure que la situation dans laquelle on se trouve au moment de faire ce choix !

L’innovation, c’est pareil. On le fait parce qu’on a une vision. Une vision ambitieuse. On imagine un monde meilleur après. Pourtant, on sait que c’est une épreuve. On remet tout en cause. On se trompe. On recommence. On tombe. On se relève. On s’accroche à sa vision. C’est dur. On a des moments up et des moments down. On se bat. On se dispute. On y arrive (ou pas).

C’est ce que font les personnes ambitieuses dans ce monde. Celles qui rêvent et se battent pour leur rêve.

Alors, oui, l’innovation est source de conflits. Et il faut passer par là. Et il y en aura toujours qui préféreront ne pas prendre de risque et donc il faudra se battre.

Et, oui, l’innovation doit être disruptive parce que la disruption est par essence une situation où un acteur vient bousculer un autre. Netflix tout ça…

Et donc non, l’innovation n’est pas possible sans friction !

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