Lecture : DISRUPTION de Stéphane Mallard

Couverture Disruption Stéphane Mallard

J’ai dévoré DISRUPTION, le livre de Stéphane Mallard, en moins de 2 jours !

Il faut dire que le style et le ton sont agrĂ©ables. Si le sujet peut paraĂ®tre complexe, la lecture est facile. Pas trop de jargon, juste ce qu’il faut de vulgarisation.

L’intitulĂ© complet est DISRUPTION : Intelligence Artificielle, Fin du Salariat, HumanitĂ© AugmentĂ©e. PrĂ©parez-vous Ă  changer le monde. Le livre tient toutes ses promesses !

L’auteur dĂ©roule ses analyses pertinentes et sa vision du monde de demain. Il s’appuie sur des exemples concrets de disrupteurs, ces entrepreneurs qui changent le monde.

Ce que je retiens…

Nous ne sommes pas au cĹ“ur d’une pĂ©riode de transformation digitale mais bien d’une pĂ©riode de disruption technologique liĂ©e aux usages des consommateurs.

La technologie est devenue une commoditĂ©, comme l’eau courante ou l’Ă©lectricitĂ©. Elle est accessible, c’est-Ă -dire qu’elle ne coĂ»te plus rien et qu’elle s’adapte dĂ©sormais Ă  nous humains alors que c’Ă©tait encore l’inverse il y a quelques annĂ©es. Elle a Ă©voluer au point que des entreprises comme Facebook sont capables, grâce Ă  leur algorithme qui dĂ©cide ce que l’on voit dans notre fil d’actualitĂ©, d’identifier et d’influencer notre humeur mais Ă©galement nos dĂ©cisions.

On assiste Ă  un phĂ©nomène qui vise Ă  faire entrer en nous, humains, la technologie. Ces personnes qu’on nomme les body hackers n’hĂ©sitent pas Ă  se faire implanter des puces Ă©lectroniques ou d’autres dispositifs pour augmenter leurs capacitĂ©s.

Les algorithmes et l’intelligence artificielle dĂ©passeront bientĂ´t les humains en termes de connaissance et d’expertise (gestion de la connaissance). Nous serons tous, individus et entreprises, Ă©quipĂ©s ou armĂ©s d’algorithmes dont le rĂ´le sera de nous assister et de nous reprĂ©senter Ă  l’extĂ©rieur pour toute une sĂ©rie de dĂ©cision.

Nous continuerons Ă  aller chez le mĂ©decin mais pas pour sa connaissance ou son expertise qui sera dĂ©lĂ©guĂ©e Ă  un algorithme mais pour son empathie, sa capacitĂ© de communiquer d’humain Ă  humain. Et on choisira son fournisseur pour n’importe quel service sur ce critère diffĂ©rentiant, c’est-Ă -dire l’expĂ©rience client qui est proposĂ©e.

La connaissance et l’expertise ne vaudront bientĂ´t plus rien sur le marchĂ©. Selon StĂ©phane Mallard, ce nouveau paradigme entraĂ®nera donc la fin du salariat ou presque. Celui-ci sera rĂ©servĂ© Ă  ceux qui cachent leur incompĂ©tence.

On assistera Ă  l’augmentation exponentielle du nombre de freelance dont les compĂ©tences, après avoir Ă©tĂ© short-listĂ©es par des algorithmes, seront sollicitĂ©es Ă  la demande par les entreprises pour des tâches très spĂ©cifiques et des missions Ă  court terme.

Dans le business, cela implique qu’absolument tous les mĂ©tiers et tous les secteurs sont concernĂ©s par la disruption, mĂŞme si les experts dans tous les secteurs se voilent gĂ©nĂ©ralement la face.

Pourquoi ?

Parce que la disruption d’un secteur vient quasiment toujours de l’extĂ©rieur.

La maĂ®trise d’un secteur est en rĂ©alitĂ© un frein Ă  le bousculer. Les experts sont biaisĂ©s. Ils ne pensent pas ĂŞtre concernĂ©s par la disruption.

Les grandes entreprises, performantes, sont organisĂ©es pour servir la partie de leur marchĂ© la plus rentable. Elles ne s’occupent pas de la minoritĂ© et cela crĂ©e des clients mĂ©contents.

C’est justement lĂ  que les disrupteurs identifient des problèmes et proposent des solutions qui sont non seulement adoptĂ©es par cette partie du marchĂ© mais aussi, ensuite et massivement, par l’autre partie, majoritaire. ConsĂ©quence ? L’acteur Ă©tablit perd sa place et disparaĂ®t.

Bien sĂ»r, certains acteurs Ă©tablis ont conscience qu’il faut adopter les nouvelles technologies et entreprennent leur transformation digitale mais, la plupart du temps, ils se trompent de route. Ils cherchent Ă  utiliser les technologies pour encore mieux faire leur core business alors qu’il faut se rĂ©inventer, challenger son business modèle, chercher Ă  se rendre obsolète… se disrupter soi-mĂŞme !

Le changement est inĂ©luctable. Il faut arrĂŞter de le refuser et se disrupter soi-mĂŞme si on veut rester pertinent dans le monde de demain. Pour cela, il faut bousculer l’ordre Ă©tablit de son organisation. Il faut dĂ©sobĂ©ir.

Conclusion

Pour moi, le contenu du livre ne constitue pas une révélation mais plutôt une confirmation de choses dont j’étais déjà convaincu.

Il n’en reste pas moins qu’une série de questions me hante depuis que j’ai en terminé la lecture :

  • Comment une entreprise peut-elle se disrupter elle-mĂŞme si la disruption vient toujours de l’extĂ©rieur ?
  • Est-elle dès lors vouĂ©e Ă  disparaĂ®tre quoi qu’il en soit ?
  • Doit-elle tenter de survivre en tentant de disrupter d’autres secteurs ?

J’espère pouvoir y rĂ©pondre très prochainement Ă  travers mes expĂ©riences futures.

En attendant, je range ce livre Ă  la place qu’il mĂ©rite dans ma bibliothèque…

Disruption à côté de Steve Jobs

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